Traduit de l’anglais, dernière vérification le 21 octobre 2026. Lire l’article original en anglais
La France a instauré des couvre-feux partiels à Paris, Bordeaux, Nice et dans plusieurs autres villes après les pires émeutes qu’ait connues le pays depuis des années. Selon The Local France, le Premier ministre Lecornu a annoncé que d’autres couvre-feux seraient imposés là où ce serait nécessaire à partir de mardi soir. Ils seront décidés localement par les préfets, en lien avec les maires.
Ce qui s’est passé
Environ un demi-million de personnes ont défilé samedi dans toute la France contre la hausse du coût de la vie, rapporte The Local. Ces marches sont venues clore quatre semaines de mobilisation, lancée par des lycéens qui réclamaient de meilleures conditions d’études. Dans de nombreuses villes, les manifestations pacifiques ont dégénéré. Des groupes masqués ont attaqué les forces de l’ordre, sont entrés par effraction dans des bâtiments publics et en ont incendié certains, ont pillé des commerces et brûlé des voitures, des vélos et des scooters.
Plus de 2 500 personnes ont été interpellées et près de 1 000 membres des forces de l’ordre ont été blessés. Des manifestants ont également été blessés, et l’un d’eux a perdu une main à cause d’une grenade de maintien de l’ordre utilisée par la police. Le ministre de la Justice, Gerald Darmanin, a indiqué que plus de 2 513 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le week-end, que 67 avaient été incarcérées et que des « dizaines » de procédures pénales avaient été ouvertes. Il a ajouté que les autorités utiliseraient la reconnaissance faciale sur les réseaux sociaux pour identifier les responsables.
Le gouvernement avait déployé 60 000 policiers et gendarmes samedi. Il est désormais accusé de ne pas avoir su anticiper ni contenir les violences. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a présenté sa démission, mais le président Emmanuel Macron l’a refusée. Emmanuel Macron a reconnu des défaillances dans la réponse du gouvernement.
Les couvre-feux partiels sont entrés en vigueur lundi soir. « Les couvre-feux ciblés ont contribué au calme cette nuit », a écrit Lecornu sur X. La police a confirmé que la nuit s’était déroulée sans incident majeur sur l’ensemble du territoire.
Ce que cela change pour vous
Jusqu’ici, les couvre-feux restent très limités. D’après The Local, ils ne concernent que quelques dizaines de rues et prévoient de nombreuses exceptions et dérogations. Plusieurs points comptent pour les habitants :
- Paris : le premier couvre-feu ne s’appliquait qu’à la nuit de lundi à mardi. La place de la République, l’un des épicentres des troubles, a été surveillée toute la nuit par un hélicoptère équipé d’un projecteur, chargé de vérifier le respect du couvre-feu.
- Bordeaux et Nice : les restrictions dans ces villes devaient rester en vigueur pendant plusieurs jours.
- Autres secteurs : de nouveaux couvre-feux peuvent être décidés chaque soir par le préfet (le représentant de l’État dans chaque département), avec les maires concernés. Les règles peuvent donc changer d’un soir à l’autre et d’un quartier à l’autre.
- Lyon : les manifestations sont interdites. Environ 500 personnes se sont tout de même rassemblées lundi soir devant l’office de tourisme, qui avait été incendié, pour soutenir les commerçants victimes de pillages.
Si vous habitez ou travaillez près des zones concernées, consultez les informations de votre préfecture et de votre mairie pour connaître les rues, les horaires et les dérogations exacts avant de sortir le soir. Les visiteurs peuvent aussi être touchés : lundi, le Louvre est resté fermé en raison d’un petit groupe d’étudiants manifestants.
Plusieurs gouvernements étrangers ont émis des mises en garde. L’ambassade des États-Unis à Paris a recommandé aux citoyens américains d’éviter les manifestations. L’Allemagne a mis à jour ses conseils aux voyageurs pour la France, estimant que « de nouvelles flambées de violence dans les prochains jours ne peuvent être exclues ». Selon la télévision d’État CCTV, la Chine a appelé ses ressortissants qui se rendent en France à être conscients des risques et à prendre des précautions. Si des proches ou des invités prévoient de vous rendre visite, ils ont intérêt à consulter les dernières recommandations de leur propre gouvernement.
Selon des estimations provisoires, au moins 3 000 entreprises ont été touchées par les troubles, et les dégâts se chiffrent en centaines de millions d’euros. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a promis des mesures de soutien pour les commerçants et les artisans. Patrick Martin, président du Medef (la principale organisation patronale française), a déclaré que l’État avait « failli ». La ministre du Numérique, Anne Le Henanff, a demandé aux plateformes de revente en ligne de retirer les annonces d’« objets volés » et a convoqué des représentants d’entreprises, dont Vinted et eBay. Si vous achetez des articles d’occasion en ligne, méfiez-vous des annonces qui semblent suspectes.
À suivre
Le gouvernement prévoyait mardi une nouvelle série de réunions d’urgence, dont des échanges avec des représentants des grands réseaux sociaux. Surveillez les décisions des préfets sur la prolongation ou l’instauration de couvre-feux, ainsi que les éventuelles mesures en faveur des entreprises touchées.
The Local a également publié un guide sur les nouvelles manifestations attendues le samedi 24 octobre : consultez les annonces locales avant de vous déplacer ce week-end-là. L’enjeu politique est important, à l’approche de l’élection présidentielle d’avril et mai, qui désignera le successeur d’Emmanuel Macron. Le gouvernement accuse des groupes d’ultragauche d’attiser les violences pour favoriser le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, tandis que la candidate d’extrême droite Marine Le Pen est en bonne position dans les sondages. L’Union européenne a qualifié les violences d’« inacceptables », tout en soulignant que le droit de manifester pacifiquement en France « doit être protégé ».
Source : The Local France
Sources
- The Local France : Where in France have curfews been imposed?, consulté le 21 octobre 2026
Bordeaux, pour les internationaux
Un e-mail par semaine : ce qui a changé pour les internationaux à Bordeaux, l'actualité de la semaine de France et un guide qui mérite d'être lu. Pas de spam, désinscription à tout moment.









